Chère Madame,

Je suis Audrey… Audrey Hepburn… un visage que tu as sûrement déjà vu, un nom que tu as sûrement déjà entendu. Tant mieux, c’est toujours mieux de mettre un nom sur un visage !

Je t’écris depuis Tolochenaz, en Suisse, où j’ai élu ma dernière demeure voilà bientôt 27 ans ! Que le temps passe vite ! Oh mais tu sais, je ne suis pas triste, je ne regrette rien car je suis de celles qui ont eu une belle vie.

Je suis née le 4 mai 1929 à Ixelles, en Belgique, dans une famille d’aristocrates. Ma mère, une baronne hollandaise et mon père, un banquier anglo-irlandais, voyageaient beaucoup. Grâce à ces escapades et a une éducation rigoureuse, je suis devenue polyglotte. Parler plusieurs langues est une véritable richesse qui devrait être transmise à tous les enfants dès leur plus jeune âge.

Mais je m’égare, continuons les présentations !

Tu le sais, sans doute, la vie n’est pas un long fleuve tranquille. A 6 ans, alors que jusqu’ici mon existence était douce et heureuse, mon père nous abandonne. Première déchirure dans mon cœur d’enfant. Un malheur n’arrivant jamais seul, la guerre éclate en Europe. Partout le nazisme se répand, déversant sa haine, détruisant tout sur son passage. Avec maman, nous fuyons en Hollande mais dès l’année suivante, les Allemands envahissent le pays.

J’aurais pu me taire, j’aurais pu continuer à vivre en courbant l’échine, docile, croisant les doigts pour que d’autres s’engagent et que revienne la paix. J’aurais pu mais ce n’est pas le parti que j’ai choisi. Avec cette guerre, « j’ai appris à vivre… comment être dans le monde et faire partie du monde, et ne pas seulement rester à l’écart et regarder ». Depuis toujours, j’ai la conviction que les « petits ruisseaux font les grandes rivières » et que chacun.e d’entre nous à un rôle à jouer dans l’Histoire. Adolescente, je m’engage donc dans la Résistance. Je veux à ma mesure, lutter contre la barbarie, me battre pour un monde meilleur. Alors, je fais passer des messages, des petits mots, armes silencieuses contre de grands maux.

Et puis, je danse ! Je danse sur le fil du rasoir, je danse en ces temps si troublés, je danse à en perdre le souffle, je danse pour oublier, je danse pour m’évader… Comme c’est bon de danser !

Danseuse, voilà le métier que j’aimerais exercer mais le destin en a décidé autrement. Ayant gardé des séquelles des longues années de privation pendant la guerre, je dois y renoncer. Je ne te cache pas que ce fut un coup dur mais « j‘ai eu de la chance » et je sais la saisir ! « Les opportunités ne viennent pas souvent. Donc, quand elles sont là, [il faut] les saisir ». C’est ce que j’ai fait pour rebondir.

Suivant mon instinct, je me lance dans la comédie et décroche mes premiers rôles. Qu’à cela ne tienne, si je ne danse pas, je jouerais ! Ma carrière décolle et Hollywood me déroule son tapis rouge. Je deviens même l’égérie de Givenchy !

« Je ne prends pas ma vie au sérieux, mais ce que je fais – dans ma vie – je le fais sérieusement ». Grâce à cette maxime que je m’applique, je construis peu à peu ma voie.

Pourtant, derrière les paillettes et la sucess story, je connais également la souffrance, la douleur, le manque.

Ma vie sentimentale est complexe et je dois batailler pour devenir mère. Je connais l’immense bonheur d’avoir deux fils et la grande douleur de faire 5 fausses couches.

Après la naissance de Luca, mon deuxième enfant, je décide de tourner la page du cinéma, pour en écrire une nouvelle consacrée à mes enfants.

Puis, les enfants grandissent et la fièvre de l’engagement me reprend. « Je suis née avec un énorme besoin d’affection, et un terrible besoin d’en donner ».

« Donner c’est vivre. Si vous arrêtez de vouloir donner, il n’y a plus rien à vivre ».

C’est pourquoi, peu à peu, je m’investis au sein de l’UNICEF et le 9 mars 1988 je suis nommée officiellement Ambassadrice de Bienveillance. J’en suis très fière car « la plupart du temps, les choses sont arrivées sans que je les provoque » mais concernant l’UNICEF « j’ai auditionné toute ma vie pour ce rôle et je l’ai finalement obtenu ».

Comme tu peux le constater, chère Madame, j’ai eu une vie bien remplie qui m’a, tous les jours, un peu plus embellie.

N’aie pas peur de vieillir, la beauté vient du cœur !

« La beauté d’une femme n’est pas dans son maquillage, mais dans la vraie beauté de son âme. C’est la tendresse qu’elle donne, l’amour, la passion qu’elle exprime ».

« La beauté d’une femme se développe avec les années ».

« La beauté d’une femme n’est pas dans les vêtements qu’elle porte, son visage ou sa façon d’arranger ses cheveux. La beauté d’une femme se voit dans ses yeux, car c’est la porte ouverte sur son cœur, l’endroit où est son amour ».

« Pour avoir des lèvres attirantes, prononce des paroles de bonté ».

« Pour avoir de beaux yeux, regarde ce que les gens ont de beau en eux ».

« Pour rester mince, partage tes repas avec ceux qui ont faim ».

« Pour avoir de beaux cheveux, fais qu’un enfant y passe sa main chaque jour ».

« Pour avoir un beau maintien, marche en sachant que tu n’es jamais seule ».

« Tu le fais pour les choses, mais les gens en ont eux aussi besoin : « répare-les », bichonne-les, redonne-leur vie, sauve-les ; ne les jette jamais ».

« Penses-y : si un jour tu as besoin d’une main secourable, tu en trouveras une à chaque bout de tes bras. En vieillissant tu te rendras compte que tu as deux mains, l’une pour t’aider toi-même, l’autre pour aider ceux qui en ont besoin ».

Amitiés,

Audrey

Auteure: Ségolène TROUSSET

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