Un parcours atypique, une femme qui va au bout de ses engagements …

Jeune entrepreneuse à la tête de Genious RH, présidente de l’association féminine Working Girl Project, professeur chez Sup des Rh, mais aussi jeune maman, on se demande comment Candice fait pour tout gérer en gardant son calme et sa bonne humeur !

Coup de projecteur sur une personnalité détonante et une belle histoire de l’entrepreneuriat féminin !

Candice, livre-nous tes secrets, nous t’écoutons !

Tout d’abord, quel est ton parcours ?

Je te remercie pour ce résumé et de t’intéresser à mon parcours.

Concernant ma scolarité, j’ai obtenu un DEUG Économie – Gestion à l’Université Paris VIII en 1999. Ensuite, j’ai effectué une licence Économie Internationale à Paris XIII et, enfin, j’ai obtenu une maîtrise de Sciences de Gestion, en contrat d’apprentissage/alternance, à Paris XIII toujours, en 2002.

A quel âge, t’es-tu lancée dans l’entrepreneuriat et pourquoi ? Quel a été le déclic qui t’a incité à créer ton entreprise ?

Je me suis lancée dans l’entrepreneuriat en décembre 2002. J’avais exactement 23 ans.

J’ai créé un centre de formation continue avec mon père, comme associé, et mon frère Rudy, autiste asperger, en tant qu’aide comptable.

Ce centre de formation a permis à une vingtaine de formateurs de collaborer avec nous pour former les salariés et les gérants de PME et TPE ou de grands comptes comme THALES.

Le déclic a été mon père. Il m’a toujours transmis l’envie de le rejoindre dans sa quête d’entreprendre. En effet, lui-même avait participé à la création d’écoles de commerces et j’ai donc baigné, depuis l’enfance, dans le monde de la formation, du réseau professionnel et de l’entreprise.

Ta jeunesse a-t-elle été un frein ou, au contraire, une aide ?

Je ne vais pas cacher que lorsqu’on a 23 ans et 2 années d’expérience professionnelle, il y a beaucoup de travail à fournir pour être légitime vis-à-vis des banques, partenaires, clients et fournisseurs. Pour autant, avec du recul, je dirais que cela s’est fait plutôt aisément. J’ai démarré en tant que dirigeante avec une casquette de formatrice en gestion et de responsable pédagogique.

Par la suite, j’ai exploité ma fibre commerciale en développant l’activité de formation puis j’ai créé une autre société de conseil : Génious RH.

Pourquoi Genious RH ? Comment t’est venue cette idée de société ?

Entre 2002 et 2014, j’ai développé une expertise dans le domaine de l’ingénierie de la formation continue et RH. Le fait d’accomplir pour mes clients (organismes de formation, directeurs financiers etc.) des plans de formations, la réalisation du bilan pédagogique et financier et la mise en place ISO qualité, m’a donné l’idée de crée une petite structure dédiée à mon activité de conseil. Ce qui me permet aussi de donner des cours, chaque année, à l’école Sup des Rh. Je suis passionnée par mon métier mais aussi par la richesse des interlocuteurs que l’on rencontre.

Peux-tu nous parler de Working Girl Project ?

En juin 2011, j’ai eu une petite fille, ma perle, avec un sacré caractère et qui n’a pas fait ses nuits pendant 1 an et demi.

Après ma césarienne, j’ai été assez affaiblie mais j’ai dû reprendre rapidement mon activité. Tout de suite, il y a eu, de nouveau, beaucoup de travail et il m’a fallu gérer plusieurs fronts à la fois. J’ai fini par obtenir une place en crèche pour ma fille lorsqu’elle a eu 8 mois mais c’était toujours très compliqué car mon mari et moi devions alterner entre la garde, le télétravail, les rendez-vous professionnels ainsi que les rendez-vous chez le pédiatre quasiment chaque semaine…

Quand ma fille a eu 2 ans, l’idée m’est venue, en juin 2013, de créer une association qui permettrait de réunir, une fois par mois, des femmes dirigeantes d’entreprises. J’avais besoin de partager et d’être entourée. Je me suis dit que je ne devais pas être la seule. Ces réunions mensuelles nous permettent d’avoir un moment à nous, d’échanger sur nos quotidiens, de nous rassurer, et de développer notre business et notre réseau professionnel.

Puis, au même moment, avec mon frère autiste Rudy, cela devenait compliqué. Stéphane BENHAMOU, président de l’association Le Silence des Justes (spécialisée dans l’accompagnement de personnes autistes) a aidé mon frère à trouver un autre travail, plus adapté à son profil, dans une entreprise immobilière dont la dirigeante s’est investie à 200% avec Rudy.

C’est pourquoi depuis octobre 2013 (création officielle de WGP), notre association parraine l’association Le Silence des Justes.

Les cotisations annuelles de WGP sont de 500 euros et permettent d’assister gratuitement aux évènements que nous organisons. A ces manifestations peuvent venir également des personnes non-membres. A titre d’exemple, lors de nos matinales, nous demandons une participation de 10 euros aux invitées, qui sera directement versée au Silence des Justes. Le bénéfice de chaque année est offert au Silence des Justes (sauf une année où exceptionnellement nous avons orienté les dons à « l’association Aide et action »).

WGP, c’est un réseau de femmes exceptionnelles avec une vraie humanité, de l’empathie et beaucoup d’engagement. Pour mieux nous connaitre, rdv sur notre site https://www.wgp-reseau.com.

Une autre cause que tu défends?

J’ai rencontré très récemment une femme remarquable, Clara NAHMIAS, directrice de la recherche du cancer du sein, dont l’association se nomme Prolific. Je vous invite à découvrir cette association. Je ne peux pas la parrainer car suis engagée auprès de l’association Le Silence des Justes mais je suis très sensible à cette cause et souhaite la partager.

Comment concilier vie de famille et entrepreneuriat ? Penses-tu qu’il soit plus difficile de devenir entrepreneur en étant une femme ?

Ce serait une utopie de penser que la conciliation entre la vie professionnelle et la vie familiale est aisée. Toutefois, c’est réalisable et c’est jouable mais, je crois, qu’il faut être passionné par son métier et par sa famille. La positive attitude est importante mais il faut être très vigilant à son rythme et il est primordial de se laisser des soupapes de sécurité car si ce rythme est trop intense, à moyen/long terme, le burn out est présent, au vrai sens du terme. Je parle en connaissance de cause donc, vraiment, juste un conseil : que vous soyez homme ou femme, salarié.e, dirigeant.e, mère, père, célibataire, faites attention à votre hygiène de vie car les conséquences sur la santé peuvent être très lourdes. La bonne nouvelle est que l’on peut s’en remettre à la condition de reprendre une vie moins soutenue. Cela implique de bien choisir ses priorités et de mettre l’accent sur celles qui ont du sens.

Selon toi, quelles sont les qualités psychologiques que doit avoir un entrepreneur ?

Un entrepreneur doit avant tout savoir foncer et réfléchir. Il doit se servir de son instinct, être généreux, communiquant, rigoureux et savoir déléguer aux bonnes personnes. Psychologiquement, il doit être ce qu’il est, avec ses forces et ses faiblesses mais surtout en étant honnête avec lui-même, cela lui permettra d’être honnête avec ses interlocuteurs.

Je pense que la sensibilité est importante pour mieux comprendre l’autre et que cela aide à développer des partenariats et du business.

Je pense qu’il n’y a pas de profil parfait mais qu’il faut savoir se remettre en question.

Quelles sont les principales difficultés que tu as rencontrées dans la création de ton entreprise ?

Au tout début, les difficultés que j’ai rencontrées étaient dues à ma jeunesse et la défiance de certaines personnes au niveau relationnel, autrement, cela s’est toujours plutôt bien passé.

En revanche, la gestion d’une entreprise est un vrai challenge qui se surmonte grâce au travail, à des formations de management et de gestion d’entreprise que j’ai suivies.

Penses-tu que le contexte économique actuel soit propice à la création d’entreprises ?

Le contexte économique n’est pas simple mais quand on veut, on peut ! Il faut foncer si on a une idée intéressante et un super projet. Je reste encore un peu optimiste en disant qu’il faut créer son entreprise en France. J’espère que l’économie et la politique évolueront dans le bon sens pour faciliter les créations d’entreprise mais aussi leur développement et leur pérennité.

Un conseil à donner à ceux qui créent leur entreprise ?

Le conseil que je donnerais, c’est ne pas trop cogiter et de foncer si le projet nous tient vraiment à cœur. Tout dépend aussi du contexte dans lequel est l’entrepreneur (chômeur, jeune pro, senior…). Quoiqu’il en soit, ne restez pas seul ! Il y a des aides, des incubateurs, les réseaux sociaux donc allez-y…

Un proverbe / une phrase / une citation que tu souhaites partager ?

Mon père répète souvent une citation que j’affectionne particulièrement et que j’essaie de m’appliquer :

Comme disait Ramsès : « ce qui doit être dit, doit être écrit et accompli ».

Et ma citation que je me répète et transmets : « Ce qui ne tue pas, nous rend plus fort ».

Un grand MERCI

Auteure : Ségolène TROUSSET

Categories:

Tags:

Comments are closed