Vendredi 27 mars 2020 –  12ème jour de confinement.

Depuis plusieurs jours, la France est confinée, repliée sur elle-même, tremblante, réalisant surement trop tard l’ampleur de la crise que nous vivons.

Pour tout vous avouer, cette situation me semble irréelle, comme un mauvais rêve.

Je crois que je me lève chaque matin, avec l’espoir, d’avoir juste fait un cauchemar. Et puis non, en fait, la réalité s’impose. Nous sommes bien confinés chez nous, enfermés pour lutter contre ce fichu virus.

Pourtant dehors, il fait beau, les oiseaux chantent, peut-être même plus fort et plus longtemps que d’habitude.

Mais n’est-ce pas une vue de l’esprit ? Finalement, peut-être que je les entends mieux parce que je prends tout simplement le temps de les écouter…

Je m’installe à ma fenêtre, le visage offert aux rayons du soleil qui me caressent, rassurants, chaleureux… Et je me demande :

  • depuis quand, ai-je cessé d’être envoutée par le chant des oiseaux ?
  • depuis quand, n’ai-je pas accueilli un rayon de soleil comme un cadeau de la vie ?
  • depuis quand, n’ai-je pas savouré chaque bouchée d’un bon repas (parce qu’au fond même si l’on nous dit que nous n’allons manquer de rien, c’est stressant de ne pas pouvoir être livré dans les 24h par Carrefour non ?) ?
  • depuis quand, n’ai-je pas appelé de façon régulière mes proches en m’intéressant vraiment à eux, à leur moral, leur santé ?
  • depuis quand, ai-je eu peur de mourir ? peur de perdre mes proches ?
  • depuis quand, n’ai-je pas été reconnaissante envers la vie d’être en pleine santé et entourée de mes proches ?

Finalement, je réalise que depuis longtemps, je ne me suis pas sentie aussi vivante qu’aujourd’hui !

«La vie n’est pas d’attendre que les orages passent, c’est d’apprendre comment danser sous la pluie » Sénèque

Auteure : Ségolène TROUSSET

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